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Non à la refondation de notre pacte républicain ! Non à tout pacte quel qu'il soit

NON à « la refondation de notre pacte républicain », non à tout « pacte » quel qu’il soit

Lors du Conseil National des Professions du Spectacle le 15 janvier dernier, la ministre de la culture n’a pas démenti le document « CAP22 » ; pis l’un des membres de son cabinet a déclaré : « il y a des constats exacts faits par la Cour des comptes ». Lesquels ?
« l’évolution naturelle des dépenses des labels réduit progressivement leurs marges artistiques » ? Ce qui veut dire réduire les salaires, les droits sociaux qui seraient responsables des baisses de budget de création !! Donc haro sur les personnels permanents et la convention collective ?

« des régimes spéciaux pour la Comédie Française et l’Opéra national de Paris qui représentent un coût important »…Donc « à bas » les statuts particuliers des institutions grâce auxquels il existe encore et là seulement tous les ensembles permanents d’artistes, lyriques (Choeur), dramatiques (Troupe), chorégraphiques (Ballet), musicaux (Orchestre) ?

Depuis, le 17 janvier lors des BIS à Nantes, la ministre de la culture a précisé son projet : « L’art et la culture doivent être au coeur de la refondation de notre pacte républicain (…) Je veux soutenir les projets qui associent le public, qui le font participer à la construction du spectacle, qui encouragent la pratique amateur1, ceux qui font vivre les droits culturels. » ajoute la ministre. Dans le même temps, le document « CAP 22 » qu’elle n’a pas démenti, préconise de rendre les aides à la création « plus sélectives ». Le message est clair : si vous voulez continuer d’exister, vous devrez vous conformer aux nouvelles missions2 : accompagnement des pratiques amateurs, animation culturelle, lien social… Certes elle annonce vouloir « améliorer la condition de ceux qui en vivent, répondre à la paupérisation de vos professions » ; « vouloir soutenir l’emploi pérenne dans le spectacle », mais alors que le gouvernement a aggravé la Loi travail par ses ordonnances, permettant les licenciements massifs sans motif au travers des « ruptures conventionnels collectives », qui peut croire que de telles annonces ne cachent de terribles contreparties ?

De nos outils publics de production et de diffusion, nos Centres Dramatiques Nationaux, nos Scènes Nationales, nos Compagnies indépendantes, elle ne dit pas un mot ; ou plutôt : « pour réussir à accompagner la création et l’émergence, nous devons changer nos façons de faire. Pour la politique culturelle, le statu quo n’est pas une option. Nous devons changer notre approche et nos priorités, nos modes d’action, briser certains tabous et lever certains carcans ». « Briser certains tabous et lever certains carcans » ? Celui d’établissements dont les coûts de fonctionnement empiéteraient sur les « marges artistiques » ? Mais que l’Etat n’abonde-t-il ces mêmes établissements des moyens nécessaires et à leur fonctionnement et à leur activité, artistique ? Pour F. Nyssen, il nous faudrait « changer notre approche et nos priorités ». Est-à-dire abandonner la création, dont l’artiste doit rester libre ? Et la ministre d’ajouter : « Je veux soutenir tous ceux qui vont jouer dans les territoires où les spectacles sont trop rares, les zones rurales, les quartiers ou les centres-villes en déshérence. » Comme si justement, les zones rurales, les quartiers, les publics… n’avaient pas été au coeur des préoccupations des pionniers de la décentralisation théâtrale et de tous ceux qui, aujourd’hui, la perpétue, de tous les artistes.

Mais pour cela, il faut des moyens. Non seulement ils ne les auront pas mais leur existence est menacée : « Il ne faut pas (les publics) inciter à passer nos portes1 mais aller vers eux : dans les lieux qui leur sont familiers, les places publiques, les maisons associatives, les bibliothèques… ». Donc nos Théâtres publics sont menacés !

Nous n’exonérons pas nos directeurs de théâtre qui trop souvent considèrent les artistes comme variable d’ajustement, le Syndeac serait d’ailleurs bien inspiré de considérer que l’avenir du théâtre subventionné passe par le retour des artistes dans les théâtres, mais c’est Démagogie que d’opposer comme le fait la ministre création et action culturelle pour les jeunes, les détenus…

Démagogie que d’opposer ceux qui sont paupérisés par les politiques d’austérité, les licenciements et les artistes qui devraient se transformer en travailleurs sociaux au moment même où les retraités, les chômeurs sont attaqués par ce gouvernement ! Démagogie et tartufferie quand Mme Nyssen ose demander aux artistes de jouer et faire jouer les migrants alors que son gouvernement les prive de toit, de nourriture et de soins !! C’est pourtant ce dont ils ont besoin urgemment.

Les artistes n’ont pas attendu Mme Nyssen pour aller à la rencontre des publics « empêchés »…Depuis des siècles les bateleurs, les bouffons, les acteurs de comédia dell arte, les troupes itinérantes n’ont cessé de jouer pour tous les publics ! Et pendant la Révolution française et au cours du 19ème siècle a commencé à être théorisé la notion de Théâtre Populaire contre la volonté des gouvernants de tous bords et de la bourgeoisie qui ne veulent jamais partager ! Dullin, Baty, Gémier, Vilar ont du batailler sans cesse pour faire vivre leurs spectacles ! Et aujourd’hui, la ministre de la culture tente de nous opposer les uns aux autres ! Ne tombons pas dans ce piège !

Pour le SNLA-FO, face à cette entreprise corporatiste et rétrograde, seule l’exigence du maintien intégral de tous les outils publics, des subventions dédiées à la création aux compagnies, du maintien de la convention collective et de ses garanties, de tous les emplois peut sauver la création artistique et l’absolue nécessité de sa liberté entière et non, tout « pacte », quel qu’il soit.

Le Conseil national, le 24 janvier 2018

 

1 souligné par nous

2 qui datent déjà de 1998, cf La Charte des missions de l'ancienne ministre Trautmann

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