Communiqués du SNLA-FO
Halte à la répression en Guadeloupe,
satisfaction immédiate des revendications !
Depuis le 20 janvier, les travailleurs de la Guadeloupe sont en grève générale pour :
- l’augmentation du SMIC de 200 euros
- l’augmentation de tous les minima sociaux
- la baisse des prix, notamment des carburants (50% plus chers qu’en métropole)
- le blocage des loyers
- 146 revendications précises visant à lutter contre la vie chère et la précarité.
Les revendications ont été établies par les travailleurs avec leurs organisations, regroupées dans « Liyannaj kont pwofitasyion », le Mouvement contre l’exploitation.
Les revendications sont claires. Elles ont été reprises par les travailleurs de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane. Elles rejoignent les revendications des travailleurs de la métropole. Pour que tous puissent vivre décemment, elles doivent être satisfaites, là comme ici. Une politique sociale sdoit se construire selon les principes de solidarité et dans le respect des principes constitutionnels d'égalité, de fraternité et de liberté, ce qui dans les TOM et les DOM exige la garantie de la continuité territoriale, l’ égalité fiscale, la lutte contre les monopoles privés.
Tous les travailleurs savent que cette grève générale montre la voie, celle du combat et de l’unité sur des revendications précises. Déjà, de grandes centrales syndicales d’Amérique latine, comme la CUT du Brésil, et d’Europe comme la Confédération Force Ouvrière, ont assuré les travailleurs des Antilles de leur entière solidarité. Le gouvernement français et le patronat tentent de jouer le pourrissement et organisent la répression. De nombreux renforts de policiers et de gendarmes sont arrivés en Guadeloupe et en Martinique. D’autres y sont actuellement acheminés. C‘est inacceptable !
Dans la nuit du 17 au 18 février, un homme est mort, assassiné dans un climat de violence dont le gouvernement est seul responsable. Il était un travailleur. Il était syndicaliste. En Guadeloupe, en 2009 des travailleurs qui défendent leurs droits sont assassinés. Où sommes–nous ?
Toute notre aide et notre solidarité avec nos frères de la Caraïbe et de l’océan Indien ! Les renforts doivent être rappelés en métropole ! La grève est un droit démocratique inaliénable ! Les revendications doivent être satisfaites, tout de suite.
Les artistes et les techniciens du spectacle, du cinéma et l’audiovisuel savent comme tous les salariés que la voie est dans la mobilisation générale pour stopper tous ces « plans » et « réformes » comme ces accords scélérats contre les Annexes 8 et 10 de 2003 et, plus récemment, la remise en cause des Conventions collectives par le plan Larcher-Donnedieu de Vabres, poursuivi par le gouvernement actuel. Ici, la grève interprofessionnelle et les manifestations du 29 janvier sont les signes annonciateurs que les travailleurs n’acceptent plus. Le SNLA-FO, syndicat confédéré des artistes interprètes met et mettra tout en œuvre pour favoriser cette unité, comme il l’a montré le 29 janvier dernier en appelant avec le SFA-CGT les artistes à la grève et à manifester.
Arrêt immédiat de la répression en Guadeloupe
Libération immédiate de tous les grèvistes et manifestants emprisonnés
Retrait des troupes de gendarmerie et de police
Satisfaction immédiate des revendications, réouverture de véritables négociations
Paris, le 18 février 2009
Négociation annuelle des salaires :
les artistes ne veulent pas perdre de leur pouvoir d’achat
augmentation des salaires d’au moins 5,8% en 2009
dans les CDN, Scènes nationales et compagnies conventionnées
Le 21 janvier, une première réunion de négociation des salaires dans les entreprises artistiques et culturelles a eu lieu. Pour l’instant, SYNDEAC et SYNAVI proposent 0% d’augmentation de nos salaires. C’est scandaleux !
Dans un communiqué du 22 janvier, le SYNDEAC souligne « les points positifs » du discours du Président de la République le 11 Janvier, qui « a confirmé l’existence et le rôle du ministère de la culture ainsi que la place essentielle de la culture dans la société (Nous voilà rassurés, note du SNLA-FO); la nécessité de voir pérenniser le système spécifique d’assurance chômage pour les techniciens et les artistes ; la levée de la réserve budgétaire de 5% sur le secteur de la création en 2009… ».
Pourtant le SYNDEAC refuse toute augmentation de nos salaires en 2009. Il avait déjà refusé toute augmentation en 2008. Autrement dit, compte tenu de l’augmentation du coût de la vie, notre pouvoir d’achat continuerait à baisser. L’argument invoqué par le SYNDEAC est la prétendue « revalorisation » de nos salaires inscrite aux nouvelles dispositions de la Convention collective que SNLA-FO et SFA-CGT ont refusé de les signer contrairement aux SNAPAC-CFDT et SIA-UNSA.
Dans les anciennes dispositions de la convention collective, les artistes bénéficiaient de la « garantie mensuelle ». C’est-à-dire que tout mois de travail commencé était entièrement dû. Lors de la renégociation récente de la Convention collective, SYNDEAC et SYNAVI ont exigé des syndicats l’abandon de cette garantie. Et c’était en échange de cet abandon que nos salaires ont été légèrement réévalués. Pour le SFA-CGT et le SNLA-FO, il a toujours été clair, et nous l’avons dit, que cette « réévaluation » ne pouvait pas faire obstacle à la Négociation Annuelle Obligatoire des salaires.
Le 21 janvier, le représentant du SNLA-FO a donc posé la question : « Qu’en aurait-il été si le Président de la République n’avait pas annoncé un dégel budgétaire de 5% ? Auriez-vous demandé une baisse de 5% de nos salaires ?! »
Ce refus de toute augmentation de nos salaires est inacceptable alors que chacun le vit tous les jours, les prix s’envolent, particulièrement depuis la « crise ». Il est d’autant plus inacceptable qu’une fois de plus, une fois les subventions garanties, SYNDEAC et SYNAVI oublient que la mobilisation des salariés a été décisive, comme le 17 juillet en Avignon, ou comme celle de leurs fédérations syndicales qui suspendirent en octobre leur participation aux « Entretiens de Valois », pour protester contre les coupes budgétaires annoncées et la RGPP !
C’est pourquoi les représentants du SNLA-FO continueront a demandé 5,8% d’augmentation des salaires en 2009 pour tous les salariés, dont les artistes.
SFA-CGT et SNLA-FO appellent tous les artistes à la grève jeudi 29 janvier 2009. Raison de plus de faire grève contre ce blocage honteux de nos salaires dans les CDN, SN et Compagnies conventionnées.
Paris, le 26 janvier 2009