Les droits d'auteurs et droits voisins attaqués sur tous les fronts !
Communiqué FO du 27 avril 2009

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LE SAVENT-ILS ?

Savent-ils que dans le spectacle aussi, il y a de moins en moins de travail, que de nombreux projets ne voient pas le jour ? En 2008, 40% des Compagnies, pourtant aidées par l’ADAMI, ont dû annuler leur production, faute d’obtenir les autres financements publics. Ceux des DRAC, des « collectivités territoriales », ceux du ministère des affaires étrangères.

Savent-ils que des dizaines de Compagnies, des dizaines de théâtres ferment, faute d’argent ? Combien de milliers d’heures de travail en moins ?

Savent-ils qu’au cinéma, ça délocalise à tour de bras, les producteurs voulant même faire avaler aux syndicats la post-synchronisation généralisée ?

Savent-ils qu’avec cette baisse de l’activité et le protocole Unedic de 2006, aggravant celui de 2003, des milliers d’artistes et de techniciens du spectacle sont au RMI ? + de 7 000 rien qu’à Paris en 2008 !

Savent-ils qu’avec la renégociation depuis 5 ans de nos conventions collectives, nos conditions de travail, nos droits sociaux, sont remis en cause, celui du maintien de salaire en cas de maladie, des journées de travail de 9 heures maximum, des pauses régulières… ? Savent-ils que dans les théâtres publics, nos répétitions pourront bientôt être « saucissonnées » ?

Savent-ils que les licenciements abusifs se multiplient, jusque dans les CDN et CCN ? De plus en plus nombreux sont les artistes jetés à la rue, du jour au lendemain, parfois après des années de collaboration, sans préavis ni indemnité !

Savent-ils que de plus en plus, on nous propose de faire autre chose que nos métiers de création ? Alors même que les heures relevant du régime général Assedic ne compte plus dans nos 507 heures (1) !

Savent-ils qu’en 20 ans, nos salaires ont perdu 25% de leur valeur ?

Nous nous le savons, nous le vivons tous les jours.
Si eux, au gouvernement, au Medef ne savent pas que nous en avons marre, faisons-leur savoir ! Marre de vivre une telle casse de nos métiers et de nos droits sociaux, quand l’argent coule à flot pour les Banques et la Bourse.

Le Bureau national du Syndicat National Libre des Artistes Force Ouvrière propose à toute la profession et à tous les syndicats, l’organisation d’une manifestation nationale au ministère de la Culture et de la communication, à Matignon ou à l’Elysée.

En mars dernier, les syndicats d’artistes interprètes SFA-CGT et SNLA-FO se sont mis d’accord sur une plate forme commune :

Revalorisation des salaires dans tous nos secteurs d’activité ;
- Sauvegarde et amélioration des acquis conventionnels en ce qui concerne les conditions de travail et les dispositions sociales ;
- Le maintien au sein de l’AFDAS de toutes les cotisations pour la formation continue des artistes et techniciens ; le maintien et le développement des Ecoles Supérieures d’Etat ;
- Respect de l’article L7121-3 (ancien L 762.1) du Code du travail qui nous garantit la présomption de salariat ;
- Des garanties en matière d’emploi, avec un accroissement du budget de la culture et en son sein des fonds destinés à l’emploi dans le spectacle vivant ; le service public de la culture doit être garanti !
- Une rémunération décente pour tout notre travail enregistré diffusé sur l’Internet ;
- Le non-agrément de l’accord très minoritaire sur l’assurance chômage, et l’amélioration des annexes 8 & 10, notamment par le rétablissement de la date anniversaire fixe et de la période de référence de 12 mois pour la recherche des 507h nécessaires à l’ouverture des droits ; le calcul d’indemnités versées pendant un an et basées sur tous les salaires perçus et toutes les heures travaillées ; application de l’actuel accord national N°1 permettant de prendre en compte certaines heures « hors spectacle » dans les 507 heures.

Discutons-en !
Unis, sur des revendications claires, nous pouvons sauver nos métiers.

1_ A l’exception de 50h ou 90h d’enseignement en établissement public

Battons-nous pour retrouver nos emplois, nos annexes 8 & 10, tous nos droits.

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DECLARATION DU SYNDICAT NATIONAL LIBRE DES ARTISTES FORCE OUVRIERE :

Jusqu'en 2003, 60 000 artistes-interprètes vivaient de leur travail et de leurs droits,
combien sommes-nous aujourd'hui ?

« Entretiens de Valois », « groupe « emploi » du Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS), « Rencontres sur l’emploi dans le spectacle vivant », l’accord ADEC Accrd de développement de l'emploi et des compétences)… Jamais le gouvernement n’a autant parlé d’emploi, jamais il n'y en a eu aussi peu pour des milliers d’entre nous.

Lors des très officielles « Rencontres sur l’emploi dans le spectacle vivant » organisée le 10 juin dernier par la DMDTS (1) un intervenant officiel déclare : « il y a trop d’intermittents, il n’y a pas de place pour tout le monde ». Ni le ministère ni aucun autre intervenant officiel ne s’est indigé ou opposé à une telle déclaration.

« 60 000 artistes pour 60 millions d’habitants, est-ce trop ? »

interrogeait une pancarte portée pendant l’une des manifestations de 2003. Non seulement il n’y a pas trop d’artistes, pas plus que qu’il y aurait trop de médecins, trop d’instituteurs, trop de fonctionnaires, ni trop d’agriculteurs, de viticulteurs, de pêcheurs… mais les artistes exigent le maintien de tous les emplois et de tous leurs droits.
Ces « Entretiens », « Groupes » et autres « Rencontres » n’ont comme seule fonction : cacher et justifier l’effondrement des subventions aux dépens de certaines structures indépendantes, plongeant des milliers d’artistes et de techniciens dans le plus grand dénuement.
Selon le rapport d’activité 2008 adopté par la récente Assemblée générale des 23 000 sociétaires de l’Adami, 37% des Compagnies bénéficiant de l’action artistique (2) ont dû y renoncer faute de confirmation des autres financements publics. C’est cela la réalité ! Et qu’on cesse de nous rebattre les oreilles avec la « professionnalisation ». Ces Compagnies répondaient aux critères conventionnels, donc professionnels. De cela on ne parle pas. Pas qu’on ne publie l’évolution du nombre de services des artistes interprètes dans les CDN. Pas plus qu'on ne rappelle les 30 000 artistes, un sur deux, qui depuis 2003 n'ont conservé leur statut de salarié intermittent que sur intervention des fonds ministériels. Ces fonds n'existent plus depuis plus d'un an mais les accords Medef-CFDT-CFTC-CGC de 2003 puis 2006 continuent leurs effets dévastateurs.

La « sécurité sociale professionnelle » garantirait elle nos emplois et nos droits de salariés ?

Lors des « Rencontres sur l’emploi dans le spectacle vivant », un autre intervenant officiel a évoqué la « sécurité sociale professionnelle » comme « une chance pour les artistes ». Dans un secteur où il y a une telle « discontinuité » de l’emploi, la « sécurité sociale professionnelle » « permettrait » entre autre de passer d’une période travaillée, à une période chômée à une période de formation… Et d’ajouter : « Il y a deux statuts des artistes au monde, le statut de salarié et le statut de travailleur indépendant. La sécurité sociale professionnelle nous permet d’ouvrir un grand chantier pour construire de nouveaux droits, individuels garantis collectivement ». Pourquoi « construire de nouveaux droits » quand on bénéficie aujourd’hui en France du statut de « salarié », le plus protecteur ? Pourquoi invoquer un « grand chantier » parce qu’« il y a deux statuts », plutôt que d’exiger le maintien et le rétablissement de notre plein et entier statut de salarié ?
L’alternance entre période travaillée, où actuellement nous percevons un salaire, période chomée où nous percevons ou devrions percevoir une allocation chômage, avec période de formation où nous devons percevoir une indemnité de formation, c’est notre statut, celui de salarié, intermitent. S’il ne s’agit pas de notre statut de salarié, de quoi s’agit-il ? S’agit-il d’un « revenu d’activité », comme le RSA, qu’on travaille, chôme ou soit en formation…sans rapport avec nos qualifications, nos conventions collectives ? La commission européenne appelle elle aussi à un « grand chantier ». La « Cour » européenne de « justice » ait, quant à elle, condamné la France pour sa loi de 1969 nous garantissant la présomption de salariat. Coïncidences ?

Pour notre part, nous pensons que la place et le rôle d’un syndicat continue d’être celui de porter et de défendre les revendications des salariés, pas celles des patrons ni de l’Etat ni de l’Union européenne.

Le SNLA-FO s’adresse à tous les syndicats d’artistes interprètes : ensemble, défendons notre statut de salarié tel qu’il est défini par le Code du travail et nos conventions collectives nationales

Le Conseil national du SNLA-FO pose la question : avons-nous notre place dans ces « Entretiens », « groupe de travail », etc. qui ne garantissent ni nos emplois ni nos droits salariaux ? Avons-nous notre place dans des « Rencontres » qui préconisent aux entreprises de « mieux encadrer l’entrée dans les professions » ? Cela ne ressemble t’il pas à une « carte professionnelle » ou à un « numerus clausus » ? Et nos chers directeurs de CDN et Scènes nationales doivent-ils devenir les nouveaux censeurs du spectacle en France ?

Le Conseil national considère qu'il faut poursuivre et développer l'action unie menée le 19 mars dernier, lors de la mobilisation interprofessionnelle, actions unies des syndicats SFA-CGT et SNLA-FO par leur appel aux artistes à faire grève et à manifester sur les revendications suivantes :

-Revalorisation des salaires dans tous nos secteurs d’activité ;
-Sauvegarde et amélioration des acquis conventionnels en ce qui concerne les conditions de travail et les dispositions sociales;
-Le maintien au sein de l’AFDAS de toutes les cotisations pour la formation continue des artistes et techniciens ; le maintien et le développement des Ecoles Supérieures d’Etat
-Respect de l’article L7121-3 (ancien L 762.1) du Code du travail qui nous garantit la présomption de salariat ;
-Des garanties en matière d’emploi, avec un accroissement du budget de la culture et en son sein des fonds destinés à l’emploi dans le spectacle vivant ; le service public de la culture doit être garanti !
-Une rémunération décente pour tout notre travail enregistré diffusé sur l’Internet ;
-Le non-agrément de l’accord très minoritaire sur l’assurance chômage, et l’amélioration des annexes 8 & 10, notamment par le rétablissement de la date anniversaire fixe et de la période de référence de 12 mois pour la recherche des 507h nécessaires à l’ouverture des droits ; le calcul d’indemnités versées pendant un an et basées sur tous les salaires perçus et toutes les heures travaillées ; application de l’actuel accord national N°1 permettant de prendre en compte certaines heures « hors spectacle » dans les 507 heures Nous sommes concernés par la défense de notre statut de salariés, menacés par des pressions de la communauté européenne et par les tentatives patronales et gouvernementale de rogner le code de travail et le salariat lui-même, à la faveur de diverses « nouvelles formes de travail » et d’entrepreneuriat ! Et les tentatives continuent pour mettre en cause la retraite à 60 ans ; chaque attaque contre ce droit a déjà eu et aura forcément des conséquences sur les droits sociaux des artistes-interprètes, qu’il s’agisse des retraites ou de l’assurance chômage.


Le Conseil national du SNLA-FO, réuni le 13 juin 2009 considère que ces revendications sont plus que jamais d’actualité. Il renouvelle sa proposition aux syndicats d’artistes interprètes : ne sommes-nous pas en droit, n’avons-nous pas le devoir, de demander à être reçus d’urgence au ministère de la Culture pour exprimer nos revendications ?


Le Conseil national du SNLA-FO, le 13 juin 2009


1) 507 h travaillées sur 12 mois
2) Direction de la Musique, du Théâtre et de la Danse
3) L'Action artistique est financée par la rémunération pour copie privée


"Nous, artistes salariés,
voulons vivre de notre travail, de sa rémunération et de nos droits"


ASSEZ DU PILLAGE DE NOTRE TRAVAIL SUR INTERNET !
LES ARTISTES VEULENT VIVRE DE LEUR TRAVAIL ET DE LEURS DROITS
pelle à l'unité des artistes
Pour nous contacter : 01 47 42 33 75


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FEVRIER-MARS 2009
ASSEZ DU PILLAGE DE NOTRE TRAVAIL SUR INTERNET !
LES ARTISTES VEULENT VIVRE DE LEUR TRAVAIL ET DE LEURS DROITS

Le 4 mars prochain, le gouvernement présentera à l’Assemblée Nationale, une nouvelle loi appelée « création et Internet ». Ce projet de loi prétend avoir « pour ambition de faire cesser l’hémorragie des œuvres culturelles sur Internet et de créer le cadre juridique indispensable au développement de l’offre légale de musiques, de films, d’œuvres et de programmes audiovisuels, voire d’œuvres littéraires sur les nouveaux modes de réseaux de communication. »

Le projet de loi se réfère aux « accords de l’Elysée » signés le 23 novembre 2007. Ces accords étaient préparés par un rapport de M. Olivennes, ex-P-DG de la FNAC. Les « accords de l’Elysée » actent l’engagement des « fournisseurs d’accès (Internet) à mettre en œuvre des dispositifs de filtrage. Le filtrage c’est retirer automatiquement les fichiers « pirates » des réseaux ou des plates formes d’hébergement au fur et à mesure de leur apparition ». En échange de quoi « Les professionnels (…) s’engagent à mettre plus complètement et plus rapidement en ligne, et à supprimer tous les verrous techniques qui empêchent de copier et de transporter la musique » (1). Les « accords de l’Elysée » incitent en particulier au développement massif de la VOD (Vidéo à la Demande). Rappelons qu’au terme des récents accords « VOD » audiovisuels, dont le SNLA-FO a refusé de signer l’article 3, nous ne percevons aucune rémunération sur la diffusion de nos prestations durant toute la première semaine de VOD. Les producteurs ont même refusé que cette diffusion gratuite soit limitée au « streaming » (2).

LE PROJET DE LOI « CRÉATION ET INTERNET » N‘INSTAURE PAS DE GARANTIE FORMELLE DE RÉMUNÉRATION !

En 2006 en France, plus d’un milliard de fichiers ont été piratés (3). Gageons que les chiffres pour 2007 et 2008 seront encore plus catastrophiques. Comme le reconnaît le préambule du projet de loi, les sanctions prévues par la loi DADVSI que nous avons combattue « apparaissent inadaptées, de même que la procédure judiciaire, au cas du piratage ordinaire ».

C’EST LE CASSE DU SIÈCLE !

Cette situation confirme malheureusement que le Syndicat National Libre des Artistes-FO, avec le Syndicat National des Musiciens-FO et leur fédération la FASAP-FO, et l’ADAMI avaient raison de se battre en 2004, 2005 et 2006 pour la « licence globale ». La « licence globale » aurait instauré une rémunération obligatoire des artistes via les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI), analogue à la rémunération pour copie privée. Tous ceux qui défendaient ce principe, associations de consommateurs comprises, proposaient une majoration de 5 euros de l’abonnement à internet. Si on considère les 17,125 millions d’abonnés haut débit actuels, le manque à gagner est donc de 1 milliard 27 millions d’euros pour l’ensemble de la filière. Et qu’on ne nous parle pas de « vente forcée » car qui oserait affubler aujourd’hui d’un tel qualificatif la redevance audiovisuelle ? Le projet de loi « Création et Internet » n’instaure pas de garantie formelle de rémunération pour la diffusion de nos prestations enregistrées . Il gage sur les sites commerciaux (qui aujourd’hui ne nous reversent quasiment rien !), la « pédagogie » et la répression « graduée » envers les internautes.

LA LICENCE GLOBALE A ETE REFUSEE,
DEPUIS NOUS AVONS ÉTÉ SPOLIÉS DE CENTAINES DE MILLIONS D’EUROS PAR AN (4)

Le 10 février dernier, la FASAP-FO et ses syndicats d’artistes ont été auditionnés lors d’une « Table ronde » organisée par M. Franck Riester, député de la Somme et rapporteur de la commission des Lois. A cette occasion, la FASAP-FO et ses syndicats ont renouvelé leur demande que les Fournisseurs d’Accès Internet soient mis à contribution. Les autres syndicats présents, aussi. Puisque le gouvernement le fait quand il s’agit de compenser une partie de la baisse de revenus de l’audiovisuel public du fait de la suppression de la publicité, pourquoi ne pourrait-il pas le faire pour nous garantir d’être payés pour notre travail et son utilisation ?
La FASAP-FO et ses syndicats se sont en outre inquiétés de la mise en place d’une Haute autorité administrative, autorisée à stocker des données personnelles et privées sur les internautes. Force est de constater que cette possibilité s’inscrit dans un contexte de fichage généralisé de la population.

En 2007 LES FOURNISSEURS D’ACCES INTERNET ONT RÉALISÉ
42 milliards d’euros de chiffre d’affaire : ILS DOIVENT PAYER !

Le 29 janvier dernier, les artistes ont été nombreux à faire grève et à manifester, parmi les 2,5 millions de salariés de tous les secteurs. Comme tous les salariés,
les artistes veulent vivre de leur travail et de leurs droits.
C’est pourquoi le SNLA-FO, au nom des artistes qu’il représente, continuera à revendiquer :
- garantie de rémunération des artistes pour l’utilisation de leurs prestations sur Internet,
- encadrement législatif qui permet de garantir l’existence d’une diffusion indépendante des sites commerciaux et de rémunérer tous les artistes diffusés,
- garanties de l’absolue confidentialité de toute information collectée dans le cas d’une enfreinte aux droits d’auteur
- anticipation des nouvelles technologies, comme le « super WIFI »

Dans l’intérêt de la profession, le SNLA-FO est favorable et disponible à toute action intersyndicale sur ces revendications.

Pour défendre vos droits d’artiste salarié,
ADHÉREZ AU SNLA-FO

Paris, le 12 février 2009

1_Discours du Président de la République du 23 novembre 2007
2_Le « streaming » est une diffusion en ligne sans possibilité de téléchargement
3_Chiffres donnés par le projet de loi, « Exposé des motifs »
4_Trois cents millions environ par an pour la seule musique. Il faut y ajouter le cinéma, les captations de spectacle vivant, etc.


Le SNLA-FO invite tous les artistes aux réunions d’information qu’il organise sur le sujet.
A Paris : Ag d’information
Lundi 2 mars 2009 à 19h à la Bourse du travail
3, rue du Château d’Eau, Métro République


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NEGOCIATIONS 2006-2007 :
 
Mission de réflexion et de médiation sur les problèmes relatifs à la rediffusion des fictions françaises
sur les chaînes de télévision
 : le rapport présenté par Raphaël Hadas-Lebel, président de Section au Conseil d'Etat
(rapport préparé avec le concours de Sébastien Veil, auditeur au Conseil d'Etat)

Les propositions de "réformes" qu'il fait sont d'une extrême gravité ! Une réduction considérable de nos droits sur les rediffusions hors prime-time (19h-21h30) voire généralisée et applicalble aussi au prime-time :

  Paris le 11 mars 2007

ILS SPOLIENT LES ARTISTES DE LEURS DROITS VOISINS

Les chaînes de télé et leurs producteurs veulent maintenant amputer
nos droits de rediffusion pour financer leurs frais de structure !

Nous devons aujourd'hui réaffirmer et défendre le principe fondamental du taux élevé de nos droits de rediffusion qui incite à la création: c'est une garantie de productions fraîches et un régulateur contre l'abus des rediffusions à l'heure où tant d'entre nous manquent de travail !

Les artistes doivent percevoir l'intégralité des suppléments de cachets prévus par la convention collective
lors de la réutilisation des œuvres de fiction pour lesquelles ils ont été salariés.

Dans un contexte d'explosion du marché mondial de la VideoOnDemand sur les écrans de télévision, d'ordinateur et de téléphonie mobile, le rapport Hadas-Lebel de septembre 2005 va jouer son rôle de bombe à retardement.

Le but est clairement de détourner jusqu'en 2010 les trois quart de nos droits de rediffusions télévisuelles sous prétexte de concurrence internationale et de pouvoir engager au rabais des comédiens sur les programmes courts et très courts qui vont fleurir sur les écrans pour remplacer entre autres les feuilletons quotidiens qui n'ont pas, depuis quinze ans, été produits pour cause de télé-réalité !

En réalité, une lecture attentive de ce rapport démontre seulement que les productions françaises ont manqué à leur devoir de production d'œuvres courtes, 52mn, 26mn et de plus courtes encore.

Si d'entrée de jeu, Hadas-Lebel affirme : “la production et la diffusion de fictions françaises sont très inférieures quantitativement à celles d'autres pays européens et elles continuent régulièrement à diminuer, la production se concentrant progressivement sur un petit nombre d'œuvres de prestige qui ne permettent pas d'assurer la pérennité économique des professions associées à la création d'œuvres audiovisuelles : auteurs, artistes-interprètes, producteurs, professions techniques associées à la production , il précise : “la concentration des moyens sur la case de première partie de soirée et l'absence de politique de rediffusion d'œuvres de catalogue en dehors de leur case de diffusion initiale, apparaissent comme les principales faiblesses du modèle audiovisuel français. (…) La régression de l'offre de fiction télévisuelle depuis quinze ans a coïncidé avec la hausse de l'offre de magazines et de divertissements (notamment de jeux) [et nous ajoutons : de télé-réalité !] Parmi les différentes formes de fictions, les feuilletons ont fortement régressé puisqu'ils sont passés de 3126 heures en 1990 à 887 heures en 2004 (- 72%), les séries ont également décliné, tombant de 7657 heures à 5226 heures (-32%), tandis que les téléfilms se sont maintenus, passant de 2879 heures à 2668 heures (-7%) Ces différences s'expliquent par les choix éditoriaux de certaines chaînes.”

Ce qui est en cause c'est donc d'abord le choix éditorial des chaînes (appelées diffuseurs) : pendant quinze ans, depuis PERDU DE VUE, le suspens et l'émotion font bien vendre les pages de pub. Depuis 2001 avec LOFT STORY le suspens est accentué par le juteux vote des téléspectateurs par téléphone et SMS surtaxés.

Hadas-Lebel poursuit : “La faiblesse de la rediffusion entraîne la fragilité économique des producteurs qui ne peuvent financer leur développement et leurs frais de structure que par la marge des productions, sans prendre en compte les revenus du catalogue. Elle explique largement l'absence d'activité de production industrielle de fiction dans notre pays.
L'absence de fiction française, notamment de feuilletons, en journée, alors même que les caractéristiques de l'audience propres à ces horaires pourraient justifier cette programmation, s'explique par le fait que les diffuseurs minimisent leurs investissements de production pendant les heures où le rendement de la publicité est insuffisant pour les amortir.”

Le public de l'après-midi a pu muter d' AUJOURD'HUI MADAME à C'EST MON CHOIX mais n'a jamais manqué d'être une cible publicitaire. Aujourd'hui FranceTélévions, notre service public, refuse de parler même en termes de fourchette, à titre de comparaison, des tarifs de la minute d'espaces publicitaires de plus en plus nombreux.

Partant du fait que pour les trois heures de prime-time (première partie de soirée) nos droits de rediffusion vont être considérés comme inviolables, il va rester vingt et une heures par jour pour des rediffusions où nos droits voisins peuvent être sacrifiés sur l'autel de la concurrence des téléfilms étrangers. On pourra ainsi rediffuser notre travail au rabais tous les jours y compris pendant toutes les vacances scolaires, le lundi de pentecôte et les jours fériés.

La diffusion d'œuvres de fiction ouvre le droit à rémunération pour tout ayant droit, et notamment pour les comédiens. En effet, ces droits sont garantis par notre convention collective de 1992 et protégés par le code de la propriété intellectuelle, artistique et littéraire qui les définit comme des droits voisins.

Pour les rediffusions de fictions sur les chaînes hertziennes, le système de rémunération des artistes prend la forme d'une rémunération supplémentaire assise sur le cachet initial, selon des modalités prévues par l'annexe 1 de la convention collective des artistes-interprètes engagés pour des émissions de télévision, en date du 30.12.1992 :

« En cas de rediffusion démarrant entre 19H et 21H30, le supplément est égal à
30% de la partie du salaire initial journalier allant jusqu'à 305 euros ;
20% de la partie du salaire initial journalier allant de 305 à 1525 euros ;
10% de la partie du salaire initial journalier supérieur à 1525 euros.
En cas de rediffusion en dehors de cet horaire, 75% de ces sommes sont dues. »

Le montant de ces droits pour une rediffusion fluctue donc en fonction du montant global des cachets initiaux et de l'heure de rediffusion puisqu'il y a déjà un abattement de 25% pour les rediffusions en dehors du prime-time.

 Le SNLA-FO a toujours voulu préserver le lien avec le montant du cachet initial

Hadas-Lebel utilise de manière fallacieuse l'argument que ce mode de rémunération selon un pourcentage calculé sur la base du cachet initial serait “dérogatoire à d'autres types de diffusion, puisque dans le cas des ventes à l'étranger comme dans celui de la diffusion sur le câble et le satellite, [les suppléments de] cachets sont proportionnels au prix contre lequel le producteur accepte la rediffusion de l'œuvre audiovisuelle [ RNPP=recette nette de la part producteur =sa recette brute allégée de 20% de frais qu'il n'a pas à justifier]. Les taux sont fixés ainsi :
- pour le câble et le satellite, le taux est de 10% sur les recettes nettes du producteur jusqu'à 10 000 euros et 8% ensuite ;
- pour les ventes à l'étranger, le taux est de 4% des recettes jusqu'à récupération de son apport par le producteur et 15% au-delà.”

C'est au contraire la rémunération selon un pourcentage du prix de cession de l'œuvre qui est dérogatoire depuis quelques années. Nos droits sont ainsi peu à peu devenus forfaitaires, objets d'une cession commerciale dont le montant n'est établi et déclaré que par le producteur lui-même.

C'est la raison pour laquelle le SNLA-FO avait refusé de signé l'accord INA-Artistes !

Chaînes et producteurs de télévision veulent amputer nos droits d'artistes-interprètes prétextant que, depuis quelques années, le coût des rediffusions de fictions françaises est prohibitif du fait de la présence, dans des productions “de prestige”, de stars du cinéma (pouvant absorber jusqu'aux quatre cinquièmes des budgets consacrés aux artistes, dramatiques en l'occurrence) d'où le rapport Hads-Lebel affirme : « La part des cachets a en effet fortement augmenté depuis dix ans : le total des postes “ personnel”, “interprétation” et “charges sociales” des fictions françaises pèse aujourd'hui environ 55% contre 43% en 1995 . » Selon nous, ces +12% proviennent surtout du doublement des cotisations ASSEDIC que le MEDEF et ses alliés ont décidé au lendemain des présidentielles, l e 19 juin 2002.

 

Par ailleurs il devient urgent nous faire entendre sur les modalités de ce que seront nos droits voisins s'agissant des œuvres fournies par la télévision à la demande (VOD) et diffusées par Internet et téléphonie mobile…

 

Enfin, après de longues négociations inabouties puisque les artistes salariés n'en tirent aucun bénéfice
nous refusons de signer cet Avenant dit de toilettage
de notre convention collective de 1992 :
il a bien fallu changer la durée légale du travail… mais en passant des 39 aux 35 heures peuvent être exigées par jour deux heures supplémentaires non rétribuées par l'Employeur, au lieu d'une heure douze, et dix heures au lieu de six hebdomadairement.

Il fallait bien aussi passer à l'euro alors on a négocié durant des années pour finalement supprimer le contrat-type (modèle de contrat de travail) et garder les trois mêmes tranches de salaire qui déterminent le supplément de cachet pour rediffusion, sans augmentation depuis quinze ans.

Et au final on entérine en annexes des accords particuliers concédés jadis à une petite chaîne qui montait et à la chazîne TV5 qui est pourtant, depuis la direction de J.-J. AILLAGON, devenue TV5MONDE !

Bref : ni amélioration ni modification ni rectification (ni même cohérence orthographique) !

Et l'on propose un tel avenant à la signature de tous : aux Syndicats de salariés (sachant lire le français, puisque c'est leur métier) et aux chambres d'Employeurs (remparts de la culture française…) : des producteurs et des diffuseurs unis pour affirmer que l'exception culturelle a un coût et qu'il nous faut financer leur compétitivité.

En définitive ce qu'ils veulent c'est ne plus garantir de rémunérations minima !

Rappel de la résolution sur la défense des conventions collectives de l'assemblée générale
du Syndicat National Libre des Artistes - Force Ouvrière
(adoptée à l'unanimité le 23.O9.2006)

Le plan présenté publiquement par G. Larcher et R. Donnedieu de Vabres le 2 octobre 2005 prétend ramener les vingt conventions collectives existantes dans les secteurs du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel à 6 + 2 accords professionnels interbranches. Larcher prétend supprimer les 47 accords professionnels existants et l'article L.122.1.1.3 du Code du travail, permettant le recours au CDD d'usage. Les délais fixés sont au 31 décembre 2006.

L'assemblée générale du SNLA-FO, réaffirme son attachement aux conventions collectives actuelles, dès lors qu'il en est signataire, comme autant de droits pour les salariés dans chacun des secteurs. Ces droits acquis sont supérieurs aux dispositions du Code du travail et prennent en compte les spécificités de l'emploi dans chacun des secteurs. Vouloir réduire le nombre de conventions collectives, c'est vouloir niveler par un “ socle commun ”, à minima, les droits des salariés de chaque branche, tout secteur confondu. Dans certains cas, public et privé confondus. C'est remettre en cause le principe de faveur inscrit dans la loi de 1950.

Les droits des salariés intermittents sont actuellement inscrits à travers des annexes aux conventions collectives. Nous sommes des salariés comme les autres. Sous certaines conditions, nous bénéficions de toutes les dispositions de la convention collective. C'est le cas des dispositions relatives aux accidents du travail, aux arrêts de maladie (à l'exception des périodes chômées, depuis l'entrée en application de l'accord de juin 2003) et aux congés de maternité, celles relatives à la retraite et à l'assurance chômage (dans les conditions de 2003), à la formation professionnelle continue ; des dispositions relatives aux droits voisins et au respect du code de la propriété intellectuelle et avec des conditions de travail et de rémunération de nuit, des jours fériés et d'élection des délégués du personnel, des prestations sociales du comité d'entreprise (établissement, FNAS).

Vouloir des accords interbranches comme pour les sous-secteurs de la radiodiffusion et de la télédiffusion pour les salariés intermittents, c'est soustraire les salariés intermittents du bénéfice de la convention collective de l'audiovisuel public  ; c'est remettre en cause l'ensemble de la convention collective de l'audiovisuel public.

L'assemblée générale réaffirme son opposition à une “restructuration fusion” des conventions collectives existantes et à la suppression des 47 accords professionnels. L'assemblée réaffirme son attachement au principe de faveur : un accord d'entreprise doit être supérieur à la convention collective, elle-même supérieure au Code du travail.

L'assemblée générale se prononce contre les deux accords professionnels interbranches visant à soustraire les salariés intermittents qui travaillent dans les sous-secteurs de la radiodiffusion et de la télédiffusion du bénéfice de la convention collective de l'audiovisuel public (CCCPA). L'AG du SNLA-FO, réunie ce 23 septembre 2006, réaffirme son exigence de retrait du plan Larcher.

L'assemblée réaffirme son attachement au CDI et au CDD d'usage.

Le CDI doit demeurer la règle de l'embauche dans le spectacle vivant, le cinéma, l'audiovisuel, pour tout le monde.

Le CDD d'usage est un contrat de travail à durée déterminée permettant le bénéfice des annexes 8 et 10. Il permet d'aller d'un employeur à un autre. Les conditions de recours au CDD d'usage sont précisées dans de nombreuses conventions collectives actuelles. Dans celle de l'audiovisuel public par exemple, tout salarié travaillant plus de 140 jours pour le même employeur sur une période de 52 semaines doit être en CDI .

L'assemblée considère cette disposition comme devant être une référence dans l'examen actuel des conditions d'emplois dans tous les secteurs, sauf dispositions plus favorables.

L'assemblée réaffirme son exigence que tout poste en CDI soit pourvu par un salarié sous CDI. L'assemblée se prononce pour le maintien du CDD d'usage pour tous les artistes, dans tous les secteurs et pour nos collègues techniciens et administratifs aussi bien dans la production que dans la diffusion des secteurs du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel, selon les règles rappelées plus haut.

Le SNLA-FO, comme sa Confédération Force Ouvrière, est pour la négociation. Celle-ci doit être à égalité et loyale.

L'assemblée générale du SNLA-FO dénonce la pression qu'exerce le gouvernement sur les organisations syndicales pour “ accélérer le rythme de ces négociations ”. Les organisations syndicales doivent rester libres du choix de leurs revendications et des conditions dans lesquelles elles souhaitent les défendre.


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•  PROJET DE LOI relatif au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information


•  Communiqué commun du SNLA-FO et du SNAA-FO (Syndicat national des Artistes Auteurs Force Ouvrière) :

NON A LA REMISE EN CAUSE DU DROIT D'AUTEUR ET DES DROITS VOISINS ("dans la Société de l'Information")

RETRAIT DE LA LOI « DADVSI »

 La Loi « DADVSI » portant transposition de la directive 2001/29/CE (…) relative à l'harmonisation de certains aspects du droit d'auteur et des droits voisins dans la société de l'information » remet gravement en cause des décennies d'acquis des droits d'auteur et voisins inscrits au Code la propriété intellectuelle  

 Le 30 juin 2006, une fois de plus à la veille des Festivals d'été et des vacances, le gouvernement prétend remettre en cause une partie de nos droits : nos droits d'auteur et droits voisins. La loi DADVSI s'en prend à

•  nos droits pour les œuvres diffusées via internet puisque perdureront les échanges gratuits sans aucune rémunération pour les artistes interprètes,

•  la rémunération pour copie privée en généralisant l'usage des DRM et des mesures techniques de protection,

•  l'autorisation préalable à toute utilisation d'une œuvre par l'artiste et ses ayant droits (amendement INA).

Téléchargement d'œuvres :

Comme nous le disions le 11 mars dernier, «  Internet est un support de communication, animé par des sites dans le monde entier, accessible à tout internaute, dans le monde entier. Dans ce contexte, comment un contrôle peut-il être garanti pour qu'en France aucun téléchargement sur quelque site ne soit possible sans l'autorisation des auteurs et artistes interprètes et rémunération préalable  ».

Non seulement le gouvernement a repoussé sans débat un amendement visant à instaurer une redevance permettant la perception d'une rémunération (« licence globale ») calquée notamment sur le modèle de la copie privée, et a préféré opter pour une logique répressive qui n'enrayera pas les échanges gratuits et n'apporte pas de solution quant à la rémunération des ayants droit au titre de ces échanges, mais il étend les domaines d'exception où l'œuvre utilisée n'ouvrira droit à aucune rémunération.

Après le rejet de la « licence globale » dont tous ceux qui l'ont dénoncé sont co-responsables, tous les syndicats d'artistes demandaient le 20 avril dernier, la création d'une «  plateforme publique permettant l'exposition de tous les artistes, et donc une véritable diversité » soit «créée dans un délai d'un an. Elle pourrait être financée par les fournisseurs d'accès à internet. Les ayants droit des œuvres ainsi mises à disposition du public devront pouvoir être rémunérés  ». Que le gouvernement répond-il ? par l'intermédiaire de la Commission mixte parlementaires réunie le 22 mai il propose de présenter «  un rapport » qui « comporte un chapitre spécifique sur les conditions de mise en œuvre d'une plate forme publique de téléchargement »… dans un an et demi ! En attendant, NADA !

Remise en cause de la rémunération sur la copie privée

L'art. L 311-5 du Code de la propriété intellectuel instaure une commission composée «  pour moitié de personnes désignées par les organisations représentant les bénéficiaires du droit à rémunération, pour un quart, de personnes désignées par les organisations représentant les fabricants ou importateurs (…), pour un quart, de personnes désignées par les organisations représentants les consommateurs  ». Renaud Donnedieu de Vabres, par ce projet de loi, propose la création d'une «  autorité de régulation des mesures techniques (Art.9) (…) qui «  rend compte également des orientations qu'elle a fixées (…) en matière de périmètre de la copie privée  ». Et d'avoir préalablement précisé «  ce montant (celui de la rémunération au titre de la copie privée) tient compte du degré d'utilisation des mesures techniques définies…et de leur incidence sur les usages relevant..  ». C'est en vertu de prétendues nouvelles techniques de «  protection  », qui rendraient l'œuvre in-copiable (inviolable), que la rémunération au titre de la copie privée, à la suite de la commission qui en définissait les conditions, est vouée à disparaître ! Et qui composera cette « Autorité de régulation des mesures techniques » ? Aucun représentant des bénéficiaires du droit à rémunération, c'est-à-dire représentant les artistes !

Cette Loi ne satisfait qu'aux exigences des géants de l'informatique : RETRAIT !

Si on prend l'exemple de l'ADAMI, c'est près de 29 millions d'euros collectés au bénéfice des artistes au titre de la copie privée, soit versés directement aux artistes interprètes (plus de 18 millions d'euros), soit affectés à l'« action artistique » (près de 13 millions au total), aidant au financement de plus de 6500 emplois.

Cette Loi menace nos seulement nos droits d'auteur et voisins mais également nos sociétés de collecte, de répartition et de gestion : RETRAIT !

Au moment même où la Cour européenne de justice (15 juin 2006) prétend au nom de l'art. 49 du traité d'Amsterdam qui instaure le principe de «concurrence libre et non faussée »,  interdire à la France de soumettre et faire bénéficier les artistes étrangers du statut de salarié (acquise dans notre pays en 1969), la Loi DADVSI réaffirme le principe du « pays d'origine », appliqué aux droits d'auteur (Art. 28a).

Parmi les nombreux aspects de cette Loi, il y a aussi la légalisation de l'accord INA signé le 16 juin 2005 par toutes les organisations syndicales, à l'exception du SNLA-FO. Cet accord spolie les artistes de 500 000 heures de programmes du stock ORTF.

En conséquence de quoi, le SNLA-FO, au nom des artistes interprètes qu'il représente s'adresse à nouveau solennellement aux députés, pour qu'ils décident, en conscience, de repousser le texte présenté en séance ce jour et la réouverture d'une véritable discussion avec les organisations représentatives du secteur, garantissant la préservation et l'extension aux nouvelles technologies de nos droits d'auteur et droits voisins.

Paris, le 30 juin 2006

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•  Communiqué de presse du 27 avril 2006

REPRISE DU DEBAT DADVSI AU SENAT :

 

Les organisations d'ARTISTES-INTERPRÈTES
frmulent huit propositions pour les sénateurs

Ayant procédé à un examen du projet de la loi DADVSI après son vote par l'Assemblée Nationale, et avant son vote au Sénat, les organisations d'artistes-interprètes signataires, réunies le 20 avril, émettent le vœu que la discussion du projet de loi au Sénat permette d'atteindre les objectifs suivants :

1•  Dans le cadre d'une garantie du bénéfice de l'exception pour copie privée, les mesures techniques de protection ne doivent pas empêcher d'effectuer au moins une copie d'une œuvre.

2•  Le collège des médiateurs, chargé de veiller à ce que les mesures techniques de protection ne privent pas le public du bénéfice de l'exception pour copie privée, doit comprendre des représentants des ayants droit (auteurs, artistes interprètes et producteurs).

3•  Les radios émettant sur Internet doivent être, comme les radios hertziennes, placées dans le régime de la rémunération équitable (qui seul leur garantit d'être libres de diffuser toutes les musiques).

4•  La faculté donnée à l'auteur de mettre gratuitement ses œuvres à la disposition du public ne doit pas porter atteinte aux droits des artistes interprètes. De plus, cette faculté doit aussi être donnée aux artistes interprètes, dans le respect des droits des autres titulaires de droits.

5•  Les droits de prêt et de location doivent être explicitement inscrits dans la loi, pour qu'ils se traduisent par une rémunération spécifique des artistes interprètes.

6•  Une plateforme publique permettant l'exposition de tous les artistes, et donc une véritable diversité, doit être créée dans un délai d'un an. Elle pourrait être financée par les fournisseurs d'accès à internet. Les ayants droit des œuvres ainsi mises à disposition du public devront pouvoir être rémunérés.

7•  Les exceptions pour les usages pédagogiques ou au bénéfice des musées et bibliothèques qui viendraient à être créées doivent avoir pour contrepartie une rémunération des ayants droit.

8•  Le taux réduit de TVA doit être appliqué aux œuvres musicales ou audiovisuelles, quel que soit le support et le mode d'exploitation.

Contact presse : Catherine Boissière
Tél.  : 01 44 63 10 34

cboissiere@adami.fr

ADAMI (Société civile pour l'administration des droits des artistes-interprètes) 

Syndicat Français des Artistes Interprètes (SFA-CGT) 

Syndicat Indépendant des Artistes-Interprètes (SIA-UNSA) 

Syndicat National des Chefs d'Orchestres Professionnels de Variétés et Arrangeurs (Snacopva-CFE/CGC) 

Syndicat National des Artistes Musiciens (Snam-CGT) 

Syndicat National des Artistes et des Professionnels de l'Animation de la Culture (Snapac-CFDT) 

Syndicat National des Artistes et Professions du Spectacle (Snaps-CFE/CGC) 

Syndicat National Libre des Artistes (SNLA-FO) 

Syndicat National des Musiciens (SNM-FO)

Union Nationale des Interprètes et Cadres de Création des Arts du Spectacle (Unicas-CFTC)

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•  DOUBLAGE et POST-SYNCHHRONISATION :

NON à la remise en cause des premiers acquis d'un an et demi de négociation

Pas touche au CDI, au CDD d'usage, aux conventions collectives et au Code du travail

Assez de précarité, retrait des CPE-CNE, augmentation des salaires

Rétablissement des annexes 8 et 10, au moins telles qu'elles étaient jusqu'en déc. 03

Alors que depuis deux mois, des millions de lycéens, d'étudiants, de salariés de tous les secteurs professionnels font grève et manifestent contre la précarité, pour le retrait des CPE-CNE, pour la défense du Code du travail et des conventions collectives, où en sommes-nous de la négociation d'une nouvelle convention collective pour les artistes engagés dans le secteur du doublage  et de la post-synchronisation, entamée il y a maintenant un an et demi ?

En toute indépendance, le Syndicat National Libre des Artistes Force Ouvrière, à l'origine au printemps 2003 d'une proposition de convention reprenant à la hausse les dispositions de celle de 1994 et supprimant le tarif câble, vous informe précisément d'où en sont les négociations. Elles avancent difficilement, quand elles ne « reculent » pas  ! En un an demi, alors que chaque séance occasionne pour les organisations syndicales des heures de préparation, de présence, de vérification voire d'établissement des comptes rendus, nous n'avons traité que quelques-uns des 12 articles que comprenaient la convention de 1994, qui rappelons-le était censée servir de référence aux négociations actuelles.

Si dans certains cas nous disons que les négociations reculent, c'est parce que la Ficam et maintenant l'USD ont, à plusieurs reprises, refusé ce qu'ils acceptaient hier.


Prenons l'exemple de l'article 4, relatif aux « conditions générales de travail » :

L'art. 4 issu de la séance de négociation du 5 avril 2005 stipulait une plage horaire de 9h à 19h. C'est-à-dire que la durée du travail demeurait de 4 heures ou 8heures par jour, mais pouvait désormais être effectuée entre 9 et 19h. Il s'agissait-là déjà d'une importante concession.

En octobre 2005, la Ficam a profité de la négociation annuelle des salaires pour les Directeurs Artistiques (DA) pour proposer un « marché » que, pour notre part au SNLA-FO, nous avons refusé : « Les employeurs feraient un effort pour les DA si les organisations syndicales acceptaient une plage horaire plus longue ».
Force est aujourd'hui de constater que non seulement la Ficam a obtenu une plage horaire de 9h à 19h30 mais n'a pas fait, à ce jour, l'effort promis pour les DA.

Une autre raison de l'extrême lenteur des négociations tient à de nombreuses séances qui de juin à novembre 2005 ont été consacrées à la renégociation à la baisse des salaires pour les documentaires, pourtant signés par tous en juillet 2004.
Pour sa part, le SNA-FO a combattu et a refusé de signer une telle baisse de salaires !Avec sa confédération, le SNLA-FO s'est opposé à l'extension de cette baisse de salaires.

Un autre problème, et non des moindres est la mise en place d'une Commission Mixte Paritaire (CMP) « prestataires techniques » décidée par le ministre Larcher pour élaborer une « Convention Collective prestataires techniques » dont le doublage deviendrait une annexe.
Les CMP réunissent, sous l'autorité du ministère du Travail, organisations patronales et syndicales pour négocier les conventions collectives et les salaires. Les dernières réunions du « groupe de travail – annexe doublage » confirment les craintes que nous avions : les patrons du secteur profitent aujourd'hui du plan Larcher pour revendiquer le transfert d'un certain nombre de dispositions à la « négociation générale – prestataires techniques ».

Lors des séances de négociations des 22 février et 22 mars 2006 , la Ficam a exigé de "renvoyer les dispositions du travail de nuit relatives à la définition, la collation et le transport (Art. 4.5 a ,b,c) à la négociation de la « CMP Prestataires techniques » en raison de la généralité de ces dispositions" . Or d'autres textes servent de base de négociation à cette nouvelle CMP, comme la convention Audio-Vidéo-Informatique (AVI). Dans cette convention, l'horaire de nuit ne commence qu'à 22h et n'ouvre droit qu'à 25% de majoration au lieu de 100%.
Le SNLA-FO s'est catégoriquement opposé à cette exigence.

Comme pour toutes les autres conventions collectives qu'il défend, le SNLA-FO continuera à défendre sans concession vos revendications. Face aux exigences du Medef et de leurs homologues dans le secteur, seule la mobilisation des artistes comme de tous les salariés peut préserver les acquis. Plus les organisations syndicales sont représentatives, plus elles pèsent dans les négociations. C'est pourquoi nous vous invitons à rejoindre le SNLA-FO et à participer chaque mois (en général le premier lundi, prochainement le 8 mai) aux réunions qu'il organise.

Pour la défense du droit d'auteur et des droits voisins

Retrait du projet de loi du gouvernement

Depuis 1586, le droit d'auteur est officiellement reconnu dans notre pays. Il est aujourd'hui codifié et garanti par le Code la Propriété Intellectuelle (CPI).

Les droits à l'image et aux sons des artistes interprètes sont également garanties par les conventions collectives du secteur.

Trois des aspects historiques des droits d'auteur sont :

•  l'accord de l'artiste préalable à toute reproduction, commercialisation et utilisation de son oeuvre ou de sa prestation,

•  la rémunération de cette utilisation,

•  une rémunération proportionnelle aux salaires initialement perçus au titre de la prestation.

La directive européenne « sur les droits d'auteur dans la société de l'information aurait entre autre comme conséquences en France de remplacer la commission de la copie privée, instituée par l'article L. 311-5 du CPI par une commission européenne (Directive 2001/29 Art. 12.4) où les artistes seraient sous représentés.

La rémunération des artistes interprètes au titre de la copie privée, garantie par l'article L. 311-5 du CPI, provient d'une redevance sur la majeure partie des supports d'enregistrement, K7 audio, vidéo, CD, DVD vierges.
56,25 % des ressources au titre de la copie privée sont directement reversés aux auteurs et aux artistes interprètes. 18,75 % sont versés aux producteurs.
25 % servent à aider la création.
Menacée de disparition, la commission de la copie privée a récemment baissé le taux de la redevance.

Le 17 juin dernier, l'INA dépositaire des archives de l'ORTF, de TF1 public et de France Télévision a obtenu des syndicats SFA-CGT, SNAPAC-CFDT, SIA-UNSA la signature d'un accord qui viole 2 des principes énoncés plus haut.

"Dans son préambule, la convention dit : « Les parties signataires souhaitant que la plus large diffusion soit assurée aux prestations audiovisuelles des artistes interprètes, relevant du fond d'archives de l'INA, dans des conditions permettant aux artistes interprètes concernés de participer au fruit de ce développement, et conscients pour cela de la nécessité d'unifier et de simplifier les règles prévues par les accords collectifs précités, conviennent que ces prestations seront utilisées dans les conditions suivantes qui se substituent aux dispositions correspondantes desdits accords collectifs » (§7)
Les conventions collectives citées ont été négociées entre les syndicats d'artistes et d'autres catégories salariales avec les représentants patronaux.
L'INA n'est pas un employeur et à ce titre n'est pas signataire de ces conventions.
Selon la législation en vigueur, seuls les signataires d'un texte conventionnel sont habilités à en modifier les dispositions." (Extrait du tract « le SNLA-FO alerte les artistes » – déc. 2005)

Cet accord est intervenu peu de temps après l'annonce par le ministre Larcher de la refonte des conventions collectives dont nos droits dépendent. M. Lalande, auguste auteur du rapport remettant en cause la convention collective de l'audiovisuel public, prétend sceller par un amendement parlementaire l'accord INA, dérogation permanente au CPI, accord qui spolie nos droits.

Dans la nuit du 9 au 10 mars dernier, le gouvernement a fait adopter sa loi de transposition de la directive européenne citée plus haut. Cette loi interdit tout téléchargement qui n'aurait préalablement pas fait l'objet de l'achat des droits de l'oeuvre téléchargée.
Si le principe peut apparaître juste et défenseur du droit d'auteur, encore aurait-il fallu qu'il soit accompagné des moyens de contrôle de l'offre internet.
Internet est un support de communication, animé par des sites dans le monde entier, accessible à tout internaute, dans le monde entier. Dans ce contexte, comment un contrôle peut-il être garanti pour qu'en France aucun téléchargement sur quelque site que ce soit ne soit possible sans l'autorisation préalable des auteurs et artistes interprètes et les rémunérations correspondantes ?
Un amendement parlementaire au projet de loi du gouvernement proposait d'instituer une redevance analogue à celle de la copie privée sur tout abonnement internet. Cette redevance aurait permis la perception d'une rémunération forfaitaire au bénéfice des auteurs, artistes et d'aider la création.
Le SNLA-FO, notamment à travers ses administrateurs ADAMI, a soutenu cette proposition.
Le gouvernement a refusé cet amendement, préférant des dispositions illusoires de protection du droit d'auteur et répressives à l'égard des « consommateurs ».

Comment peut-on accepter la remise en cause généralisée du droit d'auteur dont les auteurs, les artistes interprètes et la création sont les premières victimes ?
Dans l'état actuel des choses, alors que la loi présentée par le gouvernement est toujours en « discussion » à l'Assemblée Nationale, le SNLA-FO en exige le retrait et l'ouverture immédiate de véritables négociations avec toutes les parties concernées.
Le SNLA-FO revendique et continuera à défendre le respect des principes fondamentaux du droit d'auteur :

•  l'accord de l'artiste préalable à toute reproduction, commercialisation et utilisation de son oeuvre ou de sa prestation doit être respecté,

•  la rémunération de cette utilisation doit permettre à l'artiste de vivre de son travail,

•  la rémunération au titre de l'utilisation de l'enregistrement de la prestation de l'artiste doit demeurer proportionnelle aux salaires initialement perçus.

Paris, le 11 mars 2006.

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