NON au numerus clausus dans le spectacle vivant instauré par les CQP
Maintien de tous les emplois et du volume d’emploi des artistes-interprètes !

Le Syndeac a proposé à la signature des organisations syndicales un « accord portant création de certificats de qualification professionnelle dans le spectacle vivant ».

Le Syndeac dit en préambule que « cet accord s’inscrit dans la dynamique portée par la branche visant à développer et à structurer la formation professionnelle, et à améliorer la reconnaissance des qualifications acquises et/ou par l’expérience professionnelle (par la voie de la validation des acquis de l’expérience). Ainsi, afin de répondre plus finement aux besoins de l’entreprise et de renforcer les compétences des salariés… ». Pour le Syndeac donc, le problème auquel employeurs et salariés nous serions confrontés serait de « répondre plus finement aux besoins de l’entreprise… ».
Pour ce qui nous concerne artistes-interprètes, comme pour nos collègues techniciens du spectacle vivant, ce qui nous nous préoccupe, c’est la baisse constante du volume d’emploi dans les CDN et SN, c’est le recours à l’intermittence en lieu et place de véritables CDI ce sont les nouvelles conditions d’accès et d’indemnisation Assedic qui pour plus de 40 000 d’entre nous artistes et techniciens ne nous permettent plus de vivre entre deux contrats de travail.

Avec cet accord, le Syndeac prétend répondre au « problème » de « renforcer les compétences des salariés ». Mais est-ce notre « incompétence » qui est responsable des annulations de programmations en pleine saison de certains CDN et SN qui viennent de le décider à la suite de l’annonce par le gouvernement de réductions budgétaires ? Est-ce notre incompétence qui menace plus de 30 000 artistes-interprètes, et des milliers de techniciens intermittents, de perdre toute indemnisation chômage entre deux contrats ou est-ce que ce sont les accords Unedic annexes 8 & 10 Medef-CFDT-CFTC-CCG ?

Qui délivrerait ce CQP ?

La Commission Professionnelle Nationale Emploi-Formation Spectacle Vivant. La CPNEF-SV regroupe des représentants des organisations d’employeurs, de salariés, en présence de l’Afdas et a pour charge la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ». Le projet le rappelle clairement : « Pour créer ou renouveler un CQP, la CPNEF-SV doit, sur la base d’un rapport d’opportunité, constater l’existence :
- d’un besoin de qualification non couvert par les formations certifiantes existantes et/ou complémentaires à celles-ci,
- de possibilités d’emplois suffisantes
- d’un besoin de qualification suffisamment durable pour l’emploi et la filière considérée. »
(Article 2)

A ce compte-là, pour l’Illustre Théâtre, première tentative de Molière en 1643, aucun artiste de la troupe ni la troupe elle-même n’aurait été accrédité par la CPNEF-SV. La troupe aurait dû s’arrêter au bout de quelques mois car elle n’offrait pas de « possibilités d’emploi suffisantes » voire « un besoin de qualification durable pour l’emploi et la filière considérée ». Et pourtant…

Le Syndeac prétend imposer un numérus clausus dans nos professions…

L’article 3 “ Mises en œuvre des CQP ”, indique que « toute décision de création d’un CQP doit s’appuyer sur un cahier des charges (…) qui précise obligatoirement (…) les effectifs par session » (souligné par nous) (alinéa 5). Il s’agit bien là de prédéterminer le nombre de « bénéficiaires » de note d’opportunité qui fait notamment état du suivi de l’évolution de la qualification, du métier ou de l’emploi concerné » (souligné par nous). L’article 1 de l’accord ayant préalablement précisé que « les conventions collectives prendront en compte au niveau de leurs classifications les CPQ créés  », de là à exiger de la convention collective de prévoir que l’embauche se fera prioritairement parmi les candidats “ bénéficiaires ” de cette “ certification ”…Quelle garantie a-t-on aujourd’hui que cela ne produira pas ?

…et s’arroge le droit de décider de l’existence même de nos métiers !

L’article 5 “ Durée des CQP, renouvellement, modification et suppression ” indique que « chaque CQP est créé pour une durée de cinq ans  et est (…) reconduit par la CPNEF-SV après (…) présentation d’une note d’opportunité qui fait notamment état du suivi de l’évolution de la qualification, du métier ou de l’emploi concerné  »(souligné par nous). Autrement dit, la CPNEF-SV peut décréter à tout instant la suppression réglementaire d’un emploi et d’un métier, par la suppression de la CQP correspondante. Quelle garantie a-t-on aujourd’hui que cela ne produira pas ?

L’article 3 du CQP prévoit également les conditions d’exercice de notre emploi, « l’organisation de l’alternance et du tutorat pour la préparation des CQP en apprentissage et en contrat de professionnalisation… »

A « l’alternance » et au « tutorat », le SNLA-FO oppose la défense des Ecoles professionnelles supérieures d’Etat ou subventionnées, tels les conservatoires ou les Ecoles nationales et la formation professionnelle continue tels les stages collectifs dans le cadre des « plans de formation » ou des « CIF ».

Pour ce qui concerne les artistes-interprètes, le SNLA-FO prétend
- qu’il faut laisser la possibilité à tout artiste de se former « sur le tas » ; la reconnaissance de son expérience et sa qualification acquise sera attestée par ses emplois mêmes et non pas par une quelconque institution ;
- que lorsque l’artiste qui éprouve le besoin de se former dans une école, pour sa formation tant initiale que continue, il a besoin de temps et de liberté sans être soumis à la pression des contraintes de production, ce n’est pas le cas lorsque qu’il est « stagiaire ». L’artiste dans une école a besoin de professeurs, pas d’un « tuteur ». Seules les Ecoles professionnelles d’Etat ou subventionnées par lui peuvent répondre à cette exigence.

Cet accord va être un élément supplémentaire de pression sur les salaires

Au moment où le Syndeac refuse toute augmentation de salaires pour 2008 arguant de la « baisse des subventions », généraliser la pratique de la « formation en alternance » et de l’«apprentissage en contrat de qualification », c’est permettre le recours massif à une main d’œuvre sous-payée.

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L’histoire


La Loi du 16 juillet 1971 organise pour la première fois, le dispositif de la formation professionnelle continue. Les entreprises de 10 salariés et plus sont alors placés dans l’obligation de contribuer à hauteur de 0,80 % (pourcentage sujet à modifications) de leur masse salariale au financement de la formation professionnelle de leurs employés.

Le 12 septembre 1972, les partenaires sociaux du spectacle vivant créé, par convention, sous le sigle A.F.D.A.S (Assurance Formation des Activités du Spectacle), un des premiers fonds d’assurance formation agréé par les pouvoirs publics. Leurs objectifs :

Gérer le dispositif de la loi auprès des entreprises du spectacle

L’adapter aux conditions particulières d’emploi des salariés-intermittents qui ne peuvent faire valoir leur droit à la formation professionnelle continue lorsqu’ils sont sous contrat et pour lesquels l’AFDAS, entre deux contrats, va se substituer à leurs employeurs multiples.

 

Progressivement, le dispositif de la formation professionnelle se diversifie :

Congé individuel de formation (CIF) pour les salariés sous CDI en 1983
Formation en alternance en 1985
CIF pour les salariés sous CDD en 1990
Congés bilans de compétences en 1991
Plan de formation des entreprises dont l’effectif est inférieur à 10 salariés en 1992
Validation des acquis de l’expérience (VAE) depuis janvier 2003 pour les salariés sous CDD, CDI

 

Dans le même temps, d’autres secteurs d’activités rejoignent l’AFDAS : l’audioviuel, la publicité (en 1987) et enfin les loisirs (en 1992).

Le champ d’application

 

Il résulte des accords collectifs et concerne :


- Toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, qui emploient des salariés-intermittents, pour cette catégorie de salariés.

- Toutes les entreprises dont l’activité principale relève du spectacle vivant, du cinéma, de l’audiovisuel (hors entreprises du secteur public), de la publicité et des loisirs (en fonction du code NAF).

En 2002

 

Le nombre d’entreprises cotisantes a dépassé les 37 000, auxquelles s’ajoutent les organisateurs de spectacles occasionnels qui versent leurs contributions par l’intermédiaire du Guichet Unique. 91% d’entre elles ont un effectif inférieur à 10 salariés.

Les entreprises nouvellement créées on,t été très supérieures, en nombre, aux entreprises en cessation d’activité, et le champ d’application s’est ainsi élargi de 3 000 entreprises, dont la majorité dans le secteur des loisirs, du fait de l’adhésion des gestionnaires d’établissements sportifs.

La répartition géographiques des entreprises a beaucoup changé depuis la création de l’AFDAS. De 85% en Ile de France, le pourcentage d’entreprises dans cette seule région est désormais de 41%. Pour répondre aux attentes des employeurs, salariés, permanents et intermittents, et pour se rapprocher des institutions régionales, le conseil a progressivement ouvert des délégations qui couvrent aujourd’hui l’ensemble du territoire.

De la gestion paritaire d’un organisme financé par le salaire différé


Comme tous les organismes financés par le salaire différé (cotisations " salariales " et " patronales ", l’ AFDAS est géré paritairement par les organisations représentants les employeurs et les salariés. A ce titre, le SNLA-FO a désigné ces représentants au conseil d’administration de l’AFDAS.



Pour tous renseignements sur le fonctionnement de l’AFDAS, écrivez au syndicat : syndicat.snla-fo@wanadoo.fr

 

Pour tous renseignements sur les conditions pour bénéficier d’une formation agréée par l’AFDAS, ou pour connaître la liste des stages proposés, contactez :
3, rue au Maire - 75156 Paris cedex 06
Tél. 01 44 78 39 39 - Fax. 01 44 78 39 40


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Résolution concernant la formation professionnelle continue

L'AG du 23 septembre 2006 rappelle que les « réformes et travaux » engagés concernant la formation permanente sont issues de  :

•  la mise en place du «  schéma licence-master-doctorat (dit LMD ou 3-5-8)  » de la déclaration de Bologne concernant l'enseignement supérieur au plan européen

« Seules les universités peuvent être habilitées à délivrer la licence, qui constitue le premier niveau du schéma de Bologne. » (Extrait de DMDTS Ministère de la Culture et de la Communication. Avril/mai 2005. L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DANS LE DOMAINE DU SPECTACLE VIVANT )

•  la «  loi du 4 mai 2004 sur la formation tout au long de la vie » , « qui a renforcé le rôle des partenaires sociaux dans l'analyse prospective des métiers et de qualifications, sur la base d'un accord interprofessionnel »

•  la «  loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales  »

 

La situation est complexe au regard de l'intervention dans ce domaine, il apparaît que ces lois bouleversent, et à terme remettent en cause, la formation initiale, supérieure et continue.

Le gouvernement et nos patrons veulent redéfinir nos métiers pour rendre les salariés « polyvalents ». Pour les artistes interprètes, cela signifie devenir des animateurs par exemple (permettant aussi en conséquence la remise en cause de cette profession, pourvue d'une convention collective, où le ministre demande que les étudiants des écoles supérieures — « stages en entreprises » obligent — aillent « transmettre leur art »  dans les écoles.

Il s'agit de la défense de nos métiers spécifiques — et de notre travail.

Notre intervention dans le domaine de la formation doit continuer de défendre les principes établis par la loi de 1977.

Le cadre même de co-gestion prévisionnelle de l'emploi assigné à la CPNEF-SV menace notre indépendance syndicale.

Un syndicat de salariés ne peut pas s'engager dans cette voie. Ce n'est pas le rôle des syndicats d'adapter la formation à « l'offre ».

Il s'agit aussi de préserver un patrimoine vivant.

 

La commission formation du SNLA-FO organisera le travail de réflexion et d'analyse. Tous les camarades représentant notre syndicat aux diverses instances de la formation professionnelle doivent, avec l'aide du bureau, alimenter cette commission.

Sur la formation initiale, L'assemblée générale décide de solliciter les jeunes collègues qui nous ont rejoints, tout frais sortis de leur cursus personnel, pour témoigner de leurs conditions d'étude.

Des groupes de travail, observatoires, réflexions diverses se concluent par la nécessité de toujours plus de réunions, nomenclatures, tableaux, listages et autres. Ces travaux ne concernent plus seulement le plan national mais se mettent également en place au plan régional, oeuvrent à la mise en place d' « Observatoires » des « bassins d'emplois ». Il paraîtrait que ces observatoires vont permettre de répondre à « l'offre d'emploi ».

Le chômage n'est pas une bonne raison pour supprimer des formations spécialisées ! (Cf. la formation des perruquiers : «  Il ne fallait pas entraîner des gens dans une profession où l'emploi va manquer ». )

Le SNLA-FO refuse de laisser mourir ou détruire des métiers qui sont partie intégrante de l'expression artistique.

Qui peut juger de l'avenir des formes artistiques, des moyens pour ces formes ?

L'AG rappelle que le SNLA-FO s'oppose et continuera de s'opposer à toute tentative de destruction des conservatoires, quel que soit le motif invoqué, de « pédagogie désuète » ou de « manque de débouchés », ainsi que des écoles supérieures.

L'AG dénonce le plan « ambition réussite » qui instaure des « parcours » et « projets pédagogiques » et supprime les programmes nationaux.

L'AG dénonce la remise en cause de l'enseignement du français et de tous les enseignements fondamentaux par l'intempestive « intervention artistique extérieure » introduite dans les classes au nom de l'apprentissage de « pratiques artistiques », au nom de la « discrimination positive ».

Adopté à l'unanimité

A lire : Archives 2004 : LE SNLA-FO ALERTE !
Résolution à propos du « projet d’accord de branche du 10 juin 2004 relatif à la formation continue dans les entreprises du secteur » adopté par le bureau du SNLA-FO réuni le 28 juin 04