Communiqué commun : SNLA-FO et SNAA-FO
(Syndicat national des Artistes Auteurs)
NON A
LA REMISE EN CAUSE DU DROIT D’AUTEUR ET DES DROITS VOISINS
RETRAIT
DE LA LOI « DADVSI »
La Loi « DADVSI »
portant transposition de la directive 2001/29/CE (…) relative à l’harmonisation
de certains aspects du droit d’auteur et
des droits voisins dans la société de l’information » remet gravement
en cause des décennies d’acquis des droits d’auteur et voisins inscrits au Code
la propriété intellectuelle
Le 30
juin 2006, une fois de plus à la veille des Festivals d’été et des vacances, le
gouvernement prétend remettre en cause une partie de nos droits : nos
droits d’auteur et droits voisins. La loi DADVSI s’en prend à
-
nos droits pour les œuvres
diffusées via internet puisque perdureront les
échanges gratuits sans aucune rémunération pour les artistes interprètes,
-
la rémunération pour copie
privée en généralisant l’usage des DRM et des mesures techniques de protection,
-
l’autorisation préalable à
toute utilisation d’une œuvre par l’artiste et ses ayant droits (amendement
INA).
Téléchargement
d’œuvres :
Comme nous le disions le 11
mars dernier, « Internet est un support de communication, animé par des
sites dans le monde entier, accessible à tout internaute, dans le monde entier.
Dans ce contexte, comment un contrôle peut-il être garanti pour qu’en France
aucun téléchargement sur quelque site ne soit possible sans l’autorisation des
auteurs et artistes interprètes et rémunération préalable ».
Non seulement le gouvernement
a repoussé sans débat un amendement visant à instaurer une redevance permettant
la perception d’une rémunération (« licence globale ») calquée
notamment sur le modèle de la copie privée, et a préféré opter pour une logique
répressive qui n’enrayera pas les échanges gratuits et n’apporte pas de
solution quant à la rémunération des ayants droit au titre de ces échanges, mais
il étend les domaines d’exception où l’œuvre utilisée n’ouvrira droit à aucune
rémunération.
Après le rejet de la
« licence globale » dont tous ceux qui l’ont dénoncé sont
co-responsables, tous les syndicats d’artistes demandaient le 20 avril dernier,
la création d’une « plateforme
publique permettant l’exposition de tous les artistes, et donc une véritable
diversité » soit «créée dans un délai d’un an. Elle pourrait être financée
par les fournisseurs d’accès à internet. Les ayants droit des œuvres ainsi
mises à disposition du public devront pouvoir être rémunérés ». Que le
gouvernement répond-il ? par l’intermédiaire de
la Commission mixte parlementaires réunie le 22 mai il propose de présenter
« un rapport » qui « comporte un chapitre spécifique
sur les conditions de mise en œuvre d’une plate forme publique de téléchargement »… dans
un an et demi ! En attendant, NADA !
Remise en cause
de la rémunération sur la copie privée
L’art. L 311-5 du
Code de la propriété intellectuel instaure une commission composée « pour
moitié de personnes désignées par les organisations représentant les
bénéficiaires du droit à rémunération, pour un quart, de personnes désignées
par les organisations représentant les fabricants ou importateurs (…), pour un
quart, de personnes désignées par les organisations représentants les
consommateurs ». Renaud Donnedieu de Vabres, par ce projet de loi,
propose la création d’une « autorité de régulation des mesures
techniques (Art.9) (…) qui « rend compte également des orientations
qu’elle a fixées (…) en matière de périmètre de la copie privée ». Et
d’avoir préalablement précisé « ce montant (celui de la rémunération au
titre de la copie privée) tient compte du degré d’utilisation des mesures
techniques définies…et de leur incidence sur les usages relevant.. ».
C’est en vertu de prétendues nouvelles techniques de « protection »,
qui rendraient l’œuvre in-copiable (inviolable), que
la rémunération au titre de la copie privée, à la suite de la commission qui en
définissait les conditions, est vouée à disparaître ! Et qui composera
cette « Autorité de régulation des mesures techniques » ? Aucun représentant
des bénéficiaires du droit à rémunération, c'est-à-dire représentant les
artistes !
Cette Loi ne satisfait qu’aux exigences des géants de
l’informatique : RETRAIT !
Si on prend l’exemple de l’ADAMI, c’est près de 29
millions d’euros collectés au bénéfice des artistes au titre de la copie
privée, soit versés directement aux artistes interprètes (plus de 18 millions
d’euros), soit affectés à l’« action artistique » (près de 13 millions au
total), aidant au financement de plus de 6500 emplois.
Cette Loi menace nos seulement nos droits d’auteur et
voisins mais également nos sociétés de collecte, de répartition et de
gestion : RETRAIT !
Au moment même où
la Cour européenne de justice (16 juin 2006) prétend au nom de l’art.
49 du traité d’Amsterdam qui instaure le principe de «concurrence libre et non
faussée », interdire à la France de soumettre et faire bénéficier
les artistes étrangers du statut de salarié (acquise dans notre pays en 1969),
la Loi DADVSI réaffirme le principe du « pays d’origine », appliqué
aux droits d’auteur (Art. 28a).
Parmi les nombreux aspects de
cette Loi, il y a aussi la légalisation de l’accord INA signé le 16 juin 2005
par toutes les organisations syndicales, à l’exception du SNLA-FO. Cet accord
spolie les artistes de 500 000 heures de programmes du stock ORTF.
En conséquence de quoi, le
SNLA-FO, au nom des artistes interprètes qu’il représente s’adresse à nouveau
solennellement aux députés, pour qu’ils décident, en conscience, de repousser
le texte présenté en séance ce jour et la réouverture d’une véritable
discussion avec les organisations représentatives du secteur, garantissant la
préservation et l’extension aux nouvelles technologies de nos droits d’auteur
et droits voisins.
Paris,
le 30 juin 2006